Fig. 196.—Pont de Montauban.—Pont dit des Consuls.
arches et, sur la pile la plus rapprochée de la rive gauche du fleuve, s’élève la chapelle dédiée à saint Nicolas qui existe encore aujourd’hui. On y accède par un escalier formé de marches encorbellées descendant au niveau du sol de la chapelle, et par un palier porté sur une trompe bandée de la pile au flanc de l’arche.
Le vieux pont de Carcassonne paraît être contemporain de celui d’Avignon, mais ses arches sont en plein cintre dont les claveaux sont reliés à l’intrados, et ses piles, munies d’éperons aigus, s’élèvent jusqu’au tablier, où elles forment des garages nécessaires en raison du peu de largeur de l’ouvrage.
Parmi les ponts construits au XIIIᵉ siècle, on peut citer celui de Béziers dont les arches en plein cintre et en arc brisé ressemblent à celles de Carcassonne comme construction; mais les piles ne s’élèvent que de quelques assises au-dessus des sommiers des arcs et leurs reins sont percés d’arcades pour faciliter le passage de l’eau pendant les crues.
Le pont qui franchit le Rhône à Saint-Savournin-du-Port,
Fig. 197.—Pont de Cahors.—Pont dit de Valentré.
dit le pont Saint-Esprit, construit par un abbé clunisien vers 1265, ressemble au pont d’Avignon par la disposition des piles surmontées d’arcades d’écoulement, mais dont les arches sont en plein cintre; son tablier, large de cinq mètres, était fermé par des portes établies pour le péage et celle du côté de la petite ville se relia à la tête du pont qui fit corps plus tard avec la forteresse commandant en amont le cours du Rhône.
La question du péage était importante en ce temps et elle donna lieu à plus d’une querelle; les tours et les châtelets qui s’élevaient sur les ponts étaient des locaux destinés à la perception des droits de passage aussi bien que des ouvrages militaires.
Le pont, dit des Consuls, à Montauban, commencé vers la fin du XIIIᵉ siècle, ne fut terminé qu’au commencement du siècle suivant, grâce aux secours apportés par Philippe le Bel, mais à la condition d’établir sur ce pont trois tours dont il se réservait la propriété et la garde afin de percevoir le péage à son profit.