Fig. 203.—Grenier d’abondance de l’abbaye de Vauclair.
On peut juger par ces quelques détails de l’importance des établissements monastiques à cette époque. Les abbayes puissantes représentaient une petite ville et leurs prieurés, qui dépendaient de la maison mère, se composaient des vastes fermes autour desquelles se formaient de gros villages. On sait que les prieurés étaient de grandes fermes et, si les moines, fermiers agriculteurs, célébraient les offices conventuels, les prieurs avaient aussi et peut-être surtout pour mission de faire rentrer les redevances en nature, comme les dîmes ou autres revenus, et de les garder, de même que les récoltes, et enfin d’administrer les revenus de tout genre, des biens, des terres, des bois, des étangs et rivières qui appartenaient à l’abbaye.
Hôpitaux.—Un grand nombre d’établissements charitables, désignés au moyen âge sous les noms d’Hôtel-Dieu, Maison-Dieu, hospice, hôpital, maladrerie et léproserie, s’étaient fondés dès le XIᵉ siècle et se développèrent dans des proportions considérables pendant les deux siècles suivants.
Il existait un hôpital dans la plupart des abbayes,
Fig. 204.—Hôpital d’Angers.—XIIᵉ siècle.—Grande salle.
D’après les relevés d’A. Verdier.
ou tout au moins dans leurs dépendances. Les cités avaient également des hospices fondés ou desservis par des religieux.
Il s’était également fondé des léproseries qui s’étendaient à la fin du XIIᵉ siècle dans toute l’Europe occidentale: du Danemark en Espagne et de l’Angleterre jusqu’en Bohême et en Hongrie. Ces derniers établissements hospitaliers ne comportaient aucune disposition architecturale, car ils ne se composaient que d’un enclos contenant quelques cellules isolées et une chapelle