Fig. 205.—Abbaye d’Ourscamps (Oise).—XIIIᵉ siècle.—Hôpital d’après les relevés d’A. Verdier.
commune, près de laquelle étaient bâtis les logements religieux chargés de soigner les lépreux.
Mais les hospices, ou hôpitaux, construits de la fin du XIIᵉ siècle au XIVᵉ, sont souvent de superbes édifices dont les dispositions ressemblent à celles des diverses grandes salles des abbayes.
Il faut se rappeler que, pendant le moyen âge, l’hospitalité étant obligatoire, les monastères avaient établi un service d’aumônerie comprenant des bâtiments spéciaux destinés aux religieux chargés de soigner les malades et de distribuer des secours, à eux et aux autres voyageurs ou pèlerins.
Dès l’époque carlovingienne, nous dit Viollet-le-Duc, des impôts étaient affectés à secourir les pauvres, les pèlerins et les malades. Charlemagne, dans ses ordonnances et capitulaires, avait recommandé à ses sujets d’offrir l’hospitalité et il n’était pas permis alors de refuser aux voyageurs le couvert, le feu et l’eau.
Les communes rivalisèrent avec les rois, les seigneurs, les abbés et les bourgeois. Des hospices et des maladreries furent établis dans des bâtiments abandonnés ou construits pour leur destination spéciale.
On éleva même des refuges sur les routes fréquentées par les pèlerins, pour servir d’asile aux voyageurs qui ne pouvaient pénétrer de nuit dans les villes et on construisit des hospices en dehors des murs, dans le voisinage des portes.
Au moyen âge, et surtout aux XIIIᵉ et XIVᵉ siècles, les pèlerinages étaient très suivis. Ceux de Saint-Michel, en Normandie, et de Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne, attiraient la foule des pèlerins. Dès les premières années du XIVᵉ siècle, un hospice avait été fondé dans la campagne, près de la porte Saint-Denis, à Paris, et il était dédié à saint Jacques.
La confrérie de Saint-Jacques-aux-Pèlerins desservait