L’architecture des maisons varie selon le climat, les matériaux du pays et les usages des habitants. Quand il ne s’agit que d’ouvrir des jours, portes et fenêtres dans les façades pour éclairer l’habitation, les maisons n’ont pas de caractère particulier; mais dès que ces jours prennent une certaine richesse et que des moulures ou des sculptures décorent quelques parties de la façade, les ornements sont empruntés aux édifices voisins: églises ou abbayes construites par les moines-architectes, soit par suite de l’influence des écoles monastiques, esprit d’imitation ou la force de l’habitude.
Les maisons de Cluny, qui remontent au XIIᵉ siècle, nous fournissent plusieurs exemples; celles qui existent encore sont bâties presque entièrement en pierre. Les arcatures des ouvertures rappellent certains détails de l’église abbatiale ou des bâtiments claustraux que les constructeurs ont tout naturellement imités.
Il en est de même pour les autres maisons dont nous donnons les dessins exprimant les caractères des constructions urbaines des XIIIᵉ et XVᵉ siècles. On peut suivre par l’étude des habitations privées les effets consécutifs des transformations qui s’étaient faites dans l’architecture religieuse et monastique et qui s’étaient manifestées dans les édifices élevés au même temps.
Ce n’est que vers la fin du XIVᵉ siècle et particulièrement pendant le siècle suivant que cette influence s’efface et le changement, sinon le progrès, s’accuse par la forme des ouvertures qui ne ressemblent plus aux arcatures des cloîtres ou des églises, mais qui deviennent surbaissées, en anse de panier ou carrées et qui, dans les fenêtres, ne sont plus divisées par des
Fig. 214.—Maison au Mont-Saint-Michel (XVᵉ siècle).
réseaux de pierre, ornés d’arcs brisés et d’accolades, mais simplement par des meneaux et des traverses
Fig. 215.—Maison en bois à Rouen (XVᵉ siècle).
Fig. 215.—Maison en bois à Rouen (XVᵉ siècle).