soulagée par un arc-doubleau soutenant les arcs-ogifs à leur point de croisement, c’est-à-dire à la clef.

Fig. 21.—Coupe transversale d’une travée de l’église de la Sainte-Trinité, à Angers.

La figure 19 donne le plan de ces voûtes dont l’exemple fut bientôt suivi par les architectes du Nord, car la grande église abbatiale de Noyon paraît avoir été une des premières copies de la nouvelle transformation des voûtes angevines.

De grandes églises abbatiales et d’immenses cathédrales élevées de la seconde moitié du XIIᵉ siècle jusqu’au milieu du XIIIᵉ prouvent, par la disposition de leurs voûtes sur plan carré, l’importance du perfectionnement réalisé à la Sainte-Trinité d’Angers; car il faut en constater l’application dans les églises ou cathédrales de Noyon, de Laon, de Notre-Dame de Paris, de Sens et de Bourges, pour ne parler que de celles qui passent pour les chefs-d’œuvre de l’architecture dite gothique.

Fig. 22.—Coupe d’une église à nef unique voûtée sur croisée d’ogives et maintenue par des contreforts.

L’influence de la coupole, que nous avons établie au chapitre premier, s’est exercée directement et consécutivement. Elle est directe sur les églises à une seule nef voûtées sur croisée d’ogives, et consécutive dans les églises de l’époque dite romane, qui furent complétées ou modifiées par le voûtement sur croisée d’ogives en pierre appareillée de la nef centrale, remplaçant la charpente. Un grand nombre d’édifices, en Angleterre, en Normandie, en Allemagne, dans l’Italie du Nord, en Suisse, dans les provinces rhénanes et celles du nord de la France, fournissent des documents des plus intéressants sur les transformations qu’ils ont subies après l’invention de la voûte sur croisée d’ogives et son application générale.

Fig. 23.—Coupe d’une église à trois nefs voûtée sur croisée d’ogives et maintenue par des arcs-boutants.