paraissent avoir complété au XIIIᵉ siècle l’abbaye fondée au IXᵉ siècle en la fortifiant selon les usages du temps.

Bien d’autres monastères présentent des dispositions défensives plus ou moins importantes; mais la plus célèbre, parmi tant d’abbayes élevées par les bénédictins, est certainement celle du Mont-Saint-Michel, qui présente, par des monuments d’une hardiesse et d’une grandeur incomparables, les plus beaux exemples de l’architecture monastique et militaire depuis le XIᵉ siècle jusqu’à la fin du XVᵉ.

L’abbaye du Mont-Saint-Michel, fondée en 708, suivant les traditions, par saint Aubert, et restaurée à la fin du Xᵉ siècle par Richard sans Peur, troisième duc de Normandie, avec l’aide des bénédictins du Mont-Cassin qu’il installa au Mont en 966, prit au XIᵉ siècle un grand développement et, vers la fin du XIIᵉ siècle, elle était dans un grand état de prospérité. Toutefois les bâtiments du monastère n’avaient pas l’importance qu’ils ont eue dès le siècle suivant[65]. Au XIIᵉ siècle, ils

Fig. 152.—Abbaye du Mont-Saint-Michel.

Plan, au niveau de l’église haute, du cloître et du dortoir.

LÉGENDE EXPLICATIVE

A, A´, A´´, église, chœur et transsepts.—B, B´, B´´, les trois premières travées de la nef, détruites en 1776.—C, C´, C´´, tours et porche (Robert de Thorigni).—D, tombeau de Robert de Thorigni.—E, ancien parvis.—F, ancien chapitre.—G, G´, anciens bâtiments claustraux, dortoir.—H, plate-forme, entrée sud de l’église.—I, ruine de l’hôtellerie (Robert de Thorigni).—J, infirmeries (XIIᵉ siècle).—K, dortoirs du XIIIᵉ siècle (Merveille).—K´, tour des Corbins (XIIIᵉ siècle) (Merveille).—L, L´, cloître et chartrier (XIIIᵉ siècle) (Merveille).—M, vestiaire (XIIIᵉ siècle) (Merveille).—N, logis abbatial.—O, logements des hôtes.—P, cour de la Merveille.—P´, terrasse de l’abside.—Q, cour de l’église et grand degré.

se composaient de l’église, élevée de 1020 à 1135[66], et des Lieux réguliers, avec les habitations des serviteurs et des hôtes, s’étendant au nord de la nef de l’église—en G, G´ et F du plan, figure 152.—Restaurés ou reconstruits en grande partie par l’abbé Roger II, au commencement du XIIᵉ siècle, ils furent augmentés à l’ouest et au sud-ouest par Robert de Thorigni, de 1154 à 1186.

Le monastère n’était pas fortifié alors.