Mais ces édifices ne sont pas romans par cela seul qu’ils ont été voûtés; ils ont été construits selon le mode romain et ils ressemblent aux monuments antiques que les architectes du VIIIᵉ siècle ont copiés grossièrement ou tout au moins très naïvement.
Les ouvrages romains ne manquent pas d’ailleurs et les contrées méridionales de l’Europe en présentent de nombreux exemples, celles surtout qui n’eurent pas à subir les ravages des invasions barbares venues successivement de l’Est et du Nord.
Les monuments antiques du Iᵉʳ et du IIᵉ siècle de notre ère pouvaient servir d’exemples excellents, qui durent avoir une réelle influence sur les constructeurs romans suivant tout naturellement les traditions romaines.
On voit aux arènes d’Arles, qui remontent au Iᵉʳ siècle, des couvertures construites très simplement; elles sont formées d’arcs-doubleaux sur lesquels sont posées des dalles de pierres ([fig. 128]). Ce moyen était
FIG. 129 ET 130.—NYMPHÉE DE NÎMES.
(Coupes de la voûte en berceau.)
connu des Syriens qui l’employèrent fort judicieusement en raison des matériaux qu’ils avaient à leur disposition; nous avons vu ce mode de construction dans la Syrie centrale, à l’église de Tafkha, bâtie du IVᵉ au Vᵉ siècle sur le modèle des basiliques antiques[70].
Suivant Quicherat, l’amphithéâtre de Nîmes offre un exemple bien conservé d’arcs-doubleaux de l’époque romaine. Le corridor qui forme la dernière précinction du second étage est couvert d’une voûte en berceau soutenue par des doubleaux qui retombent sur des consoles.
On peut voir également à Nîmes, au Nymphée, ou Bain de Diane, ouvrage romain du IIᵉ siècle, une voûte en berceau d’une assez grande largeur dont les éléments se composent d’arcs-doubleaux très ingénieusement combinés et dont l’appareil est particulièrement soigné. Les arcs forment, pour ainsi dire, des cintres permanents en pierre entre lesquels sont ajustées des dalles taillées en claveaux et reposant dans des feuillures ménagées sur les faces latérales des arcs-doubleaux (fig. [130] et [131]).