FIG. 131.

NYMPHÉE DE NÎMES.

(Perspective des arcs-doubleaux.)

On sait, du reste, que les architectes construisaient au VIIIᵉ et au IXᵉ siècle, non seulement des cryptes, mais encore des monuments voûtés, de petites dimensions, il est vrai, et ne présentant pas les difficultés qui résultent de la largeur et de la hauteur des nefs.

Suivant Quicherat, l’évêque Toldus, prince mérovingien qui occupa le siège de Vienne—Vienna Allobrogum—fit bâtir, en 708, dans l’intérieur de la ville un petit édicule voûté pour y placer les reliques de saint Maurice et de ses compagnons. Le palais de Chasseneuil—manse royale du temps des Carolingiens—avait au IXᵉ siècle, sur les côtés d’une grande basilique, une petite église voûtée en briques qui excitait l’admiration des contemporains. Selon le même auteur, si digne de foi à tous égards, le palais de Chasseneuil aurait été construit par des architectes de l’Aquitaine.

Il est permis de croire que ces architectes aquitains ne faisaient que pratiquer les traditions propagées par les colonies syriennes qui existaient déjà sous les Mérovingiens[71], dans le centre de la Gaule celtique, voisine de l’Aquitaine.

Vers le même temps, c’est-à-dire dans les premières années du IXᵉ siècle, Théodulphe, évêque d’Orléans, faisait élever près de sa ville épiscopale, à Germiny-des-Prés, une église voûtée dont les dispositions générales, autant que les détails, indiquent l’origine byzantine[72].

Les grandes églises latines, couvertes par des charpentes lambrissées, avaient souvent quelques-unes de leurs parties voûtées. On cite d’abord la somptueuse basilique de Reims, construite, pendant le règne de Louis le Débonnaire, par un architecte nommé Rumald, avec les pierres provenant des murailles de la ville; d’après les chroniques du temps connues par Quicherat, cette basilique eut jusqu’à la fin du Xᵉ siècle une tribune portant sur une voûte adossée à la façade; puis la cathédrale d’Auxerre, rebâtie au Xᵉ siècle et couverte en bois, avait deux chapelles voûtées donnant à l’église la forme d’une croix latine. Il est possible que de grandes églises construites antérieurement à l’an 1000 aient eu des bas côtés voûtés à l’exemple de l’ancien Saint-Pierre de Rome, église romaine à cinq nefs inégales dont les bas côtés extérieurs étaient couverts par des voûtes en arc de cloître.

Il est même permis de croire que la plupart des absides des basiliques antiques étaient construites en matériaux appareillés. Ces absides, ou hémicycles, étaient voûtées en quart de sphère ou en demi-coupole dont la construction facile ne présente aucune des difficultés qui surgirent lorsque les architectes du IXᵉ siècle, voulant couvrir les grandes nefs des églises, employèrent le berceau romain et même la coupole byzantine.