Les absidioles sont ornées à l’intérieur de contreforts sous forme de colonnes, que nous avons vus déjà à Saint-Savin et dont nous avons indiqué l’origine orientale ou syrienne.
FIG. 139.—ÉGLISE DE SAINT-PAUL, A ISSOIRE.
(Vue perspective de l’abside.)
Au-dessous du chœur, une crypte, desservie par deux degrés, a été construite dans les soubassements de l’église haute, dont le sol du chœur est relevé de quelques marches au-dessus de celui du transsept.
Au centre de ce transsept, à l’extrémité de la nef et en avant du chœur, s’élève une tour octogone; sur les quatre piles de la croisée, quatre arcs-doubleaux portant dans les angles des trompillons, passant du carré à l’octogone; au-dessus, une voûte en coupole, contre-butée latéralement par des demi-berceaux, est surmontée d’une tour octogone, dont l’étage supérieur est un clocher terminé par une pyramide en pierre.
La construction très soignée de l’église d’Issoire a été faite en grès à gros grains pour les massifs et en grès calcaire pour les membres ornés de sculptures. Certaines parties sont ornées de mosaïques ou, plus exactement, d’une marqueterie polychrome, qui donne à l’édifice un caractère oriental très originalement élégant, dont nous avons signalé l’origine en étudiant l’église latine de Saint-Front[79].
L’architecture romane de l’Auvergne eut un grand succès, qui s’explique par l’originalité de ses dispositions et de sa décoration orientale ou byzantine, et dont les effets se manifestèrent rapidement dans les provinces du Nivernais, du Limousin, du Poitou et même du Languedoc.
Dès la fin du XIᵉ siècle ou le commencement du XIIᵉ, on voit se généraliser la forme des absides circulaires agrandies par des chapelles rayonnantes.
Poitiers, Nevers en conservent encore des exemples, et nous verrons un des plus beaux de ce genre à Toulouse.