Le transsept de l’église abbatiale de Saint-Hilaire à Poitiers est très vaste, car une nef centrale et 4 bas côtés y aboutissaient; le sanctuaire, en forme d’hémicycle, est enveloppé d’un vaste collatéral sur lequel s’ouvrent des chapelles, ou des absidioles, comme celles de Saint-Savin, de Notre-Dame-du-Port à Clermont et de Saint-Paul à Issoire.
FIG. 140.—ÉGLISE DE SAINT-HILAIRE, A POITIERS.
(Vue perspective de l’abside.)
L’église de Notre-Dame-la-Grande est une des plus curieuses de Poitiers, si riche en monuments romans. A l’intérieur, elle présente trois nefs voûtées en berceau de hauteur à peu près égale.
Ce système de construction montre encore les hésitations et les tentatives constantes des constructeurs romans à la fin du XIᵉ siècle.
Une grande tour carrée, se terminant par un étage circulaire couronné d’une pyramide, s’élève sur la croisée du transsept; sa façade, couverte de sculptures, montre l’arc plein cintre associé à l’arc brisé, employé depuis longtemps déjà et que nous avons vu à la chapelle de Sainte-Croix à Montmajour, construite dans les premières années du XIᵉ siècle; deux tourelles, couronnées comme la partie haute de la tour centrale et supportées par des faisceaux de lourdes colonnes, ornent les angles de la façade occidentale ([fig. 141]).
Cette façade dans laquelle les réminiscences orientales abondent est surtout remarquable par la décoration sculpturale dont elle est entièrement couverte; elle semble être le volet central d’un immense triptyque, chef-d’œuvre de l’imagerie romane, représentant la chute de l’homme et sa rédemption[80].
Ces sculptures ont un intérêt iconographique considérable, comme idée et comme expression. L’une d’elles, placée au-dessus et à droite—pour le spectateur—de l’arcade latérale représente le Bain de l’Enfant Jésus, sujet très rare et dont il n’existe, croyons-nous, qu’un exemple appartenant à la châsse en orfèvrerie du XIIIᵉ siècle, dite des Grandes reliques conservée au trésor d’Aix-la-Chapelle.
L’église de Saint-Sernin, pour lui conserver sa dénomination vulgaire—ou plus exactement de Saint-Saturnin—à Toulouse, fut commencée en 1060 par Raymond, chanoine de la cathédrale de Toulouse, achevée en 1096 et consacrée par le pape Urbain II,