FIG. 143.—ÉGLISE DE SAINT-SERNIN, A TOULOUSE.
(Vue perspective des façades ouest et sud.)
les détails de sa construction; c’est une imitation, agrandie, des églises de Clermont et d’Issoire.
La nef dont la façade est inachevée a été rebâtie au XVᵉ siècle, mais sur les données primitives. Le vaisseau central est voûté par un berceau contrebuté par les demi-berceaux latéraux couvrant les galeries hautes des collatéraux; celles-ci sont simples, tandis que les galeries basses des bas côtés, voûtées d’arête, sont doubles et se retournent dans le transsept, très vaste et dont la face orientale est percée d’absidioles voûtées en quart de sphère.
Le chœur est enveloppé par un collatéral, voûté d’arête, sur lequel s’ouvrent cinq absidioles ou chapelles rayonnantes voûtées comme celles du transsept.
Sur la croisée du transsept, et soutenue par quatre énormes piliers, s’élève une haute tour construite au XIIIᵉ ou au XIVᵉ siècle, en pierre et en briques dont l’appareil est très ingénieusement étudié pour l’étagement des arcatures et leur construction, dans laquelle l’emploi des matériaux est des plus judicieusement combinés.
CHAPITRE X
ÉGLISE ET CLOÎTRE DE SAINT-TROPHIME, A ARLES.—PORTAILS DE SAINT-GILLES EN LANGUEDOC, DE SAINTE-MARTHE, A TARASCON ET DE MOISSAC.—CLOÎTRES DE MONTMAJOUR, PRÈS D’ARLES ET DE SAINT-PAUL-DU-MAUSOLÉE, PRÈS DE SAINT-RÉMI (BOUCHES-DU-RHÔNE).
Dans les contrées méridionales de l’Europe et principalement dans le Midi de la France, l’architecture romane a pris, dès son avènement, un caractère particulier de finesse et d’élégance qui s’explique facilement.
Les architectes méridionaux, nés au milieu des chefs-d’œuvre de l’art romain que leurs ancêtres s’étaient non seulement assimilés, mais encore qu’ils avaient rapidement amenés à un plus haut degré de perfectionnement, nous en donnent la preuve.