Le portail de Saint-Trophime d’Arles est un des plus beaux de la Provence, aussi remarquable par la perfection de sa construction que par la richesse de sa décoration.
Selon Viollet-le-Duc, l’ornementation de ce portail est toute romano-grecque syriaque, et la statuaire est gallo-romaine avec une influence byzantine prononcée.
Le cloître roman de Saint-Trophime est certainement un des plus curieux du Midi de la France, qui en possède cependant plusieurs de cette époque, notamment à Montmajour et à Saint-Rémi. «Deux des galeries de ce cloître datent du commencement du XIIᵉ siècle; chacune d’elles se compose de trois travées principales, divisées en quatre arcades portées sur des colonnettes jumelles. Les piles d’angles sont très puissantes ainsi que celles qui séparent les travées. Les galeries étant voûtées en berceau continu, les piles d’angles reçoivent deux arcs-doubleaux et un arc diagonal qui masque la pénétration des deux berceaux. Chaque pile de travée reçoit un arc-doubleau[82].» Le berceau est un arc rampant qui recevait primitivement la couverture du cloître, en dalles posées sur l’extrados du berceau, selon le mode provençal.
Ce cloître est d’une grande richesse comme sculpture; les colonnettes, les chapiteaux, les revêtements des piles sont en marbre gris, et on sent, aussi bien dans la sculpture que dans les profils, l’influence des arts de l’antiquité romaine.
L’église abbatiale de Saint-Gilles, en Languedoc,
FIG. 146.—ÉGLISE DE SAINT-TROPHIME, A ARLES. (Vue perspective de l’aitre du cloître.)
de même que celle de Saint-Trophime, reproduit dans les détails de sa décoration des fragments romains qui
FIG. 147.—PORTAIL DE SAINT-GILLES, EN LANGUEDOC. (Vue perspective des trois portes.)