Une forme qui eut autant de succès chez le peuple le plus artiste de l’Orient dut certainement être transportée de très bonne heure dans la Syrie et se rencontrer sur le passage des pèlerins si nombreux qui fréquentaient alors les Lieux Saints; pour que cette forme eût attiré l’attention des Latins, il faut nécessairement qu’ils l’aient vue, non pas dans les mosquées où ils n’avaient garde d’entrer, mais dans des édifices consacrés au culte chrétien.
CHAPITRE XIII
ÉGLISE DE CAHORS (LOT).—ÉGLISE DE SAINT-AVIT-SÉNIEUR (DORDOGNE).
Les premières églises bâties à l’exemple de Saint-Front, celles de la première génération pour ainsi dire comme celles de la cité ou de Saint-Étienne à Périgueux et de Cahors, conservent le même mode de construction, mais présentent quelques différences dans le plan; les bras latéraux de la croix grecque sont supprimés et il ne reste plus qu’un rectangle formé de deux ou de plusieurs travées couronnées par des coupoles et terminé par un sanctuaire demi-circulaire cantonné d’absidioles comme à Cahors, ou même simplement par le mur de clôture d’un des côtés de la travée terminale comme à Saint-Avit, soit parce qu’on s’est contenté de cet arrangement ou bien parce que l’édifice n’a pas été achevé.
FIG. 161.—ÉGLISE DE CAHORS.
(Plan.)
L’église de Saint-Étienne, à Cahors, bien qu’elle ait été consacrée dans les premières années du XIIᵉ siècle, remonte cependant au milieu du siècle précédent, et elle doit être contemporaine de l’achèvement de la célèbre église de Périgueux; c’est d’ailleurs une des plus importantes et surtout des plus fidèles imitations de Saint-Front.
La construction de l’église de Cahors est semblable à celle de Saint-Étienne de Périgueux—du moins dans la partie antérieure de celle-ci—qui a suivi de très près celle de Saint-Front.
On peut remarquer déjà dans ces deux églises et surtout à Cahors un perfectionnement sensible dans l’économie de la construction. Les arcs-doubleaux sont beaucoup moins larges, et l’on sent que les architectes,