La force de l’habitude fit appliquer la forme ronde à des clochers construits même au XIIᵉ siècle, comme celui de Saint-Théodore d’Uzès, qui date de cette époque; mais ces exemples sont rares et il paraît certain que, dès le Xᵉ siècle, le plan carré fut préféré (fig. [87] et [88]).

Outre les grosses cloches qui annonçaient au loin les offices, on continuait, pour régler les exercices religieux du clergé, d’employer des clochettes. Elles sont appelées dans les textes: signum, schilla, nola—en français: sin, esquielle, eschelette.—Elles prirent place au IXᵉ siècle dans les campaniles qui couronnaient les dômes.

Les dépendances extérieures des basiliques latines eurent, dès l’origine, une importance qui ne fit que s’accroître. Il convient de remarquer que si la basilique civile ou profane était ouverte de toutes parts sur des places les plus fréquentées de la ville, la basilique sacrée au contraire fut éloignée, autant qu’il était possible, de la voie publique et il y eut au moins une cour établie devant la basilique, sur toute la largeur de la façade. Cette cour, environnée de portiques qui se raccordaient avec le narthex, ou porche d’entrée, constituait l’aitre de l’église—atrium—et, comme on y enterra, dès les premiers siècles, les fidèles qui s’étaient recommandés par leurs mérites, elle fut appelée aussi paradisus, d’où est venu parvis.

L’aitre, ou atrium, était environné de portiques qui se raccordaient avec le porche d’entrée. L’ensemble des galeries s’appelait triporticus ou quadriporticus, selon qu’elles étaient au nombre de trois ou de quatre.

Les basiliques somptueuses des temps les plus anciens eurent un premier enclos, triportique ou quadriportique, qui précédait l’atrium. Ainsi se présentait, la façade tournée du côté de la Saône, une basilique édifiée à Lyon vers 460 par l’évêque Patient. C’était le temps où l’on ne ménageait pas les colonnes. Les deux enceintes extérieures de la basilique de Lyon formaient chacune un triportique et tous les supports étaient des colonnes en marbre des Pyrénées. Plus tard on réserva le marbre pour les intérieurs, et les auteurs, depuis le VIIᵉ siècle, ne parlent plus de la magnificence des portiques extérieurs, ce qui tendrait à prouver qu’ils étaient dès lors établis d’une manière beaucoup plus simple.

Sous les portiques latéraux de l’aitre s’ouvraient parfois des cellules qui servaient de logement aux moines habitués de la basilique ou aux plus recommandés parmi les malades qui venaient y chercher leur guérison.

Au milieu de l’aitre se trouvait ordinairement une vasque d’où sortait un jet d’eau, ou bien encore une citerne, ou un puits; cet accessoire a été désigné sous les noms de phiala, cantharus, puteus. C’est là que les fidèles, avant de pénétrer dans la basilique, faisaient les ablutions, dont la prise d’eau bénite à l’entrée des églises est une réminiscence.

De très bonne heure, l’aitre perdit son importance et son aspect monumental; ce ne fut plus qu’une petite cour sans portique, entourée de bâtiments ou seulement de murs. Ce changement tient à deux circonstances: la société tout entière étant devenue chrétienne, la classe des catéchumènes disparut; la discipline s’adoucit à l’égard des pêcheurs et comme les grands coupables furent seuls exclus des sacrements, on cessa de voir ces troupes de pénitents qui assiégeaient auparavant les abords de la basilique en attendant le jour de la réconciliation.

Enfin l’extension que prit l’institution monastique obligea d’augmenter les dépendances de l’église en vue de ceux qui la desservaient.

A partir du VIᵉ siècle la plupart des basiliques chrétiennes furent affectées à des communautés de religieux, souvent si considérables qu’elles comptaient plusieurs centaines de personnes. Plus tard, sous la seconde race, une règle imitée de celle des monastères, la règle des chanoines fut imposée par les conciles nationaux aux clergés des cathédrales et de toutes les grandes basiliques séculières. Les bâtiments nécessaires aux actes de la vie commune de ces pieuses congrégations furent établis sur l’un des bas côtés de l’église et l’on trouva commode de les disposer autour d’une cour carrée. C’est là que fut transporté sous le nom de cloître—claustrum—le quadriportique devenu inutile sur la façade. Il s’est maintenu à cette place pendant toute la durée du moyen âge.