Une coupole ou une tour s’éleva au-dessus du transsept et fut appelée par les écrivains de l’époque mérovingienne: la tour par excellence,—turris.
Le transsept était partagé en trois parties par deux murs de refend percés chacun d’une grande arcade en prolongement des colonnades ou arcades de la nef; l’altarium était transformé par là en un emplacement carré contenu entre l’ouverture de l’abside, l’arc triomphal de la nef et les deux arcs latéraux. Grâce à l’appui des quatre murs, il fut possible de surélever la construction au-dessus des combles de la nef et des bras du transsept. Percée de fenêtres de tous les côtés, elle prit l’apparence d’une lanterne carrée, polygone ou ronde, au sommet de laquelle était la toiture couvrant l’autel.
La tour-lanterne versait sur le sanctuaire une lumière abondante et annonçait de loin cette partie capitale de l’église et, pour lui donner plus d’effet, on la couronna d’un campanile en bois doré—machina, arx—ouvrage élégant qui se composait de plusieurs retraites d’arcades à trois étages ordinairement; d’où l’épithète de tristega appliquée au campanile.
Sans vouloir disserter sur l’origine des cloches, on peut dire que leur emploi dans le culte chrétien n’est pas mentionné avant le VIᵉ siècle et que les cloches usitées à l’époque mérovingienne devaient ressembler, comme dimensions, à celles dont on se sert encore dans les collèges ou dans les marchés. C’est dans la seconde moitié du VIIIᵉ siècle que les cloches acquirent un volume assez considérable pour qu’il devînt nécessaire de construire des édifices pour les suspendre.
Le premier clocher dont il soit fait mention est celui de Saint-Pierre du Vatican.
Cloche s’est dit campana et clocca, d’où les termes de campanarium, turris campanaria, clocarium, pour dire un clocher. On s’est servi aussi, au IXᵉ siècle, des mots: turricula, turris claxendix, le premier par opposition à la turris, coupole dôme ou tour-lanterne de l’église, le second quand il y avait un escalier en vis pour monter au sommet de la tour.
Les premiers clochers furent de forme ronde et toujours d’un petit diamètre, à l’exemple des coupoles byzantines ou grecques, ce qui prouve que les cloches qu’ils contenaient étaient de très petite dimension. Les cloches étaient suspendues au sommet de la tour, dans une partie évidée d’arcades, recouverte par un comble; le reste de la construction était parementé sans autres ouvertures que des meurtrières éclairant l’escalier.
Les clochers étaient très souvent séparés du corps de l’église. En Italie, un grand nombre d’églises, de tous les temps du moyen âge, ont leur clocher séparé d’elles par une distance souvent considérable.
Le plan de Saint-Gall indique deux tours rondes placées symétriquement sur le devant de l’église et communiquant avec le portique; la légende qui accompagne ce plan indique que ces tours, qui n’étaient pas destinées à recevoir des cloches, sont des observatoires ou oratoires dédiés aux anges; l’un à saint Michel et l’autre à saint Gabriel.
A une époque plus ancienne il existait déjà, en avant de certaines basiliques, de ces tours sous l’invocation de saint Michel et qui ne furent certainement pas des clochers. Il en existait une au VIIᵉ siècle à l’entrée du monastère de Saint-Maur qui reproduisait en plan la forme d’une croix.