(Plan.)
L’église est entourée d’une enceinte rectangulaire formée par un mur en pierre. Une seule porte, placée à côté d’un petit bâtiment qui devait être le logement du gardien de la porte, donne accès dans cet enclos. Il paraît avoir été la propriété particulière d’une famille qui y avait sa sépulture; deux tombeaux fort bien conservés et très intéressants s’y voient encore; l’un d’eux porte l’épitaphe d’un certain Bizzos, fils de Pardos; le même nom se trouve gravé au-dessus de la porte principale de l’église, ce qui permet de penser que ce personnage, qui vivait au VIᵉ siècle de notre ère, est le fondateur du monument.
FIG. 49.—ÉGLISE DE TOURMANIN (SYRIE CENTRALE). (Plan.)
L’église de Tourmanin (Syrie centrale) tient à la fois de celles de Baqouza et de Qalb-Louzeh; la nef et le chœur appartiennent à la première de ces deux églises, le narthex à la seconde. Sa longueur totale est de 40 mètres et sa largeur de 15. L’intérieur de la nef ressemble à celui de Baqouza et un ordre de colonnettes, comme à Qalb-Louzeh, supportait les poutres de la charpente apparente.
Le monument est assis sur un soubassement qui lui donne une large base; la façade a un grand caractère et en même temps un agencement de lignes d’un effet pittoresque. Comme celle de Qalb-Louzeh, elle se compose d’une large arcade surmontée d’une terrasse et flanquée de deux tours carrées; mais ces tours sont plus dégagées et la terrasse est recouverte d’une loggia d’une disposition ingénieuse et élégante[17].
On ne saurait rien imaginer de plus logique et de plus raisonné que cette composition où chaque élément a sa fonction nettement accusée, où l’équilibre résulte des conditions de stabilité des matériaux posés sans ciment et où la décoration n’est qu’une conséquence de la construction. L’effet produit est très saisissant.
FIG. 50.—ÉGLISE DE TOURMANIN (SYRIE CENTRALE).
(Coupe transversale.)