La disposition de la nef centrale s’élevant en s’étageant au-dessus des bas côtés égaux et des absides est intéressante à retenir, pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’elle est une réminiscence évidente des coupoles latines, byzantines ou grecques, comme celles du prétoire de Mousmieh et de Saint-Georges d’Ezra dans la Syrie centrale (fig. [6], [7], [39], [40]); du baptistère de Novare (fig. [26], [27]); de Saint-Vital de Ravenne (fig. [67], [68], [69]); des églises des saints Serge et Bacchus, de Sainte-Sophie et de Théotocos à Constantinople (fig. [64], [65], [70], [71], [72], [73], [74]); de l’église de Santa-Fosca à Torcello (fig. [75], [76] et [77]); de Saint-Nicodème et de Daphni à Athènes (fig. [78] à [83]); et de l’église d’Aix-la-Chapelle en Allemagne (fig. [84] à [86]). Puis, parce

FIG. 89.—ÉGLISE DE LA MARTORANA, A PALERME (SICILE). (Coupe longitudinale.)

qu’elle est une innovation et que le mode de construction rationnelle est beaucoup plus simple et moins coûteux que celui des coupoles.

Et enfin, parce qu’elle est une des premières applications en France de la tour-lanterne[30] s’élevant au-dessus de l’autel principal sur la croisée formée par la nef, les

FIG. 90.—ÉGLISE DE LA MARTORANA A PALERME (SICILE). (Vue perspective intérieure.)

deux bras du transsept et le chœur, suivant un système de construction dont nous avons établi la filiation et qui, à partir du Xᵉ siècle, devait prendre, en se perfectionnant, un développement extraordinaire.

L’église de Sainte-Marie de l’Amiral à Palerme, fondée par l’amiral Roger, fils de Tancrède de Hauteville, fut cédée par Alphonse d’Aragon à un couvent de femmes, au XVᵉ siècle, et prit à cette époque le nom de la Martorana.

Bien qu’il ait été construit par les Normands dans les premières années du XIIᵉ siècle, cet édifice présente tous les caractères des églises byzantines bâties par des architectes grecs, au IXᵉ siècle, à Torcello, à Constantinople et à Athènes.