Mais il fallait partir. La fébrilité de Van Marke allait s’accorder une fois de plus avec sa nature. Ne voulant pas quitter encore la fosse, il était en retard. Il fallut multiplier les appels.

Une dernière sensation nous était réservée. L’heure du train approchait et l’on arriva à la petite station, dont nous étions d’ailleurs à une faible distance.

Une station exiguë, toute petiote, touchant à la voie ferrée : maisonnette d’enfant. Pas de voyageurs, nous seulement.

Et sur cette station, pauvre petite construction toute moderne, entourée d’arbustes verts, dans le silence du soir, flamboyait ce mot : Carthage.

Quel effroyable cataclysme d’histoire ! Quel bouleversement d’humanité !

Un billet de bagages pour nos machines me rappela aux réalités du moment. Peu d’instants après on était à Tunis.

Le lendemain, c’était le mercredi 16 octobre, il fallut prendre la mer. Disant adieu à la terre d’Afrique qui nous avait procuré de si enivrantes sensations, on s’embarquait à bord du transatlantique Ville de Madrid pour retourner en Europe et rentrer à Paris.

FIN

TABLE DES CHAPITRES

I.Paris-Marseille-Alger[1]
II.Albert dans la Kasbah[17]
III.Kif ! Kif ! la glace de Paris[33]
IV.Tournoi de négrillons[41]
V.La plaine du Chéliff[53]
VI.Le supplice de la mouche[77]
VII.Orléansville. — Une soirée d’Algérie[105]
VIII.Bono ! bono ![119]
IX.Incendie dans les brousses[131]
X.A la recherche d’un déjeuner[141]
XI.Blidah, Alger[151]
XII.Une triplette inespérée[163]
XIII.Les gorges de Palestro. — Les singes[173]
XIV.Le chameau de madame Mayeur[185]
XV.Une danse du ventre[197]
XVI.Les portes de fer[213]
XVII.Dans le vent[223]
XVIII.Accident[233]
XIX.Constantine[243]
XX.Une fantasia inattendue[253]
XXI.Rencontre des troupes françaises. — Soukarras[263]
XXII.Arrêtés dans les brousses[273]
XXIII.Tunis[285]
XXIV.Un sujet du roi Léopold dans la fosse aux lions[305]