L’accueil du reste qui nous avait été fait à Alger ne devait jamais se démentir durant notre voyage.
Dès les premiers moments les cyclistes oranais organisèrent le départ. Il fut entendu qu’on se mettrait en route le surlendemain jeudi à six heures du matin ; deux des meilleurs « marcheurs » devaient nous accompagner durant une partie de la journée, qui serait, avions-nous dit, de cent cinquante kilomètres.
On nous avait donné de nouveaux avis sur la chaleur. A Oran, nous en avions déjà un sérieux spécimen : le thermomètre marquait 36 degrés.
Les routes ? Atroces en ce moment, disait-on, à cause de la poussière.
Ces routes me tracassaient affreusement ; j’avais la fièvre ; j’aurais voulu partir tout de suite pour savoir, pour avoir une idée ; car les explications étaient souvent contradictoires.
Enfin, on verrait bien. Puis on serait vite fixé sur l’intensité de la chaleur, car la plaine du Chélif, ce désert brûlant et desséché, nous allions l’aborder dès le premier jour.
On visita Oran, dans tous les sens, comme Alger. On voulut voir l’aspect extérieur de la ville, surtout, ne pouvant en visiter toutes les curiosités en détail. Ville aux rues principales droites et larges, aux maisons élevées, aux jardins élégants, comme la capitale de la colonie, mais à l’aspect général beaucoup plus européen.
On roula en voiture. Mon compagnon manifesta le désir de ne pas soumettre nos jarrets à une fatigue anticipée. On visita le vélodrome oranais, piste superbe mais mal entretenue, malheureusement… Les « aficionados » ne font que commencer à Oran.
Pourtant on y donne parfois de belles réunions de courses.
Bienheureuse cité ! Le hasard m’y fit rencontrer un vieux camarade d’enfance sous l’uniforme de capitaine de zouaves. Il avait vu mon nom dans le journal, m’avait cherché et vite trouvé ; il m’exprima tout l’épanouissement de son bonheur dans cette ville de ses rêves.