Désolé ? M. Mallebay ? Et de quoi donc ?
— Eh ! oui, nous dit-il, figurez-vous que plus de cinq ou six mille personnes étaient entassées ici, là, partout, attendant les voyageurs. Et vous n’arriviez pas ! Enfin, vous voilà, c’est l’important.
— Et ma dépêche ? demandai-je.
— Nous annonçant votre arrivée pour sept heures ? Nous l’avons reçue, oui, mais fort tard. Une foule de cyclistes étaient partis déjà, et viennent seulement de revenir, ne vous apercevant pas. Enfin, tout est bien qui finit bien.
— Oui, vous savez, dans les montagnes, dans la poussière et dans quarante degrés de chaleur, on ne fait pas ce que l’on veut.
— Je le sais, dit joyeusement M. Mallebay. Enfin, vous l’avez traversée, cette plaine du Chéliff ?
— Oui, et non sans peine. Vous en connaîtrez plus tard tous les détails.
Et sur ce, commencèrent ces joyeuses agapes, ces fraternelles réceptions, qui sont devenues une tradition dans le cyclisme et que connaîtront les voyageurs futurs.
Au café du Vélo, en buvant le champagne si généreusement offert par les braves amis d’Alger, nous eûmes le plaisir de rencontrer aussi d’aimables représentants de la presse politique algérienne.
Pendant les toasts multipliés et mutuels, je reçus des témoignages de sympathie de cyclistes algériens qui n’avaient pu se rendre à notre arrivée.