Puis on se retira chacun chez soi. Cette fois le jeune Belge devait introduire une variante dans sa froide, solennelle, lugubre et monotone imprécation.

Il dit le lendemain, au réveil : « Oh ! ces punaises ! »

XIII
LES GORGES DE PALESTRO — LES SINGES

A Affreville, nous avions fait un coude brusque vers le Nord, on l’a vu, afin de passer le Petit Atlas et nous trouver dans la région d’Alger ; à Ménerville nous allions faire le coude inverse : tourner brusquement vers le Sud et rentrer dans les régions montagneuses de l’intérieur. Toutefois, tout en gravissant, à partir de ce moment, d’interminables pentes, nous allions franchir la première chaîne de montagnes par une ouverture que sa splendeur a rendue célèbre en Algérie sous le nom de « Gorges de Palestro. »

Quand on était arrivé sur le sol africain, on avait demandé quelques renseignements, outre ceux déjà énoncés, sur les animaux particuliers au pays que le hasard des aventures pouvait nous faire rencontrer.

— Il n’y en a plus guère, nous avait-on répondu, sauf les chameaux, naturellement ; vous trouverez même des caravanes nombreuses dans les Hauts-Plateaux. Dans les forêts, vous pourrez rencontrer des chacals et des hyènes ; ce sont les animaux sauvages qui subsistent en plus grand nombre.

Des panthères, il y en a encore quelques-unes, mais elles deviennent d’une telle rareté que c’est à peine si chaque année on signale une panthère tuée ou prise sur toute la surface du territoire algérien. Enfin, quand vous passerez dans les merveilleuses gorges de Palestro, vous pourrez peut-être, si le hasard vous favorise, apercevoir des singes ; c’est l’unique région où on en a quelquefois signalé.

J’annoncerai tout de suite que de tous ces animaux-là nous n’eûmes l’avantage de voir qu’un misérable chacal ; je dis misérable, parce que, ridicule et confus, il disparut au premier coup d’œil lancé par nous sur sa chétive personne. Ce fut après Constantine, dans le Djebel-Doumief. Puis des chameaux, inutile de le dire, et par troupes encombrantes ; mais ce sont des animaux domestiques et leur rencontre n’avait rien de plus fortuit ni de plus extraordinaire que celle des troupeaux de moutons ou de bœufs.

Quant aux singes, on n’en devait point rencontrer dans les gorges de Palestro, mais un hasard providentiel nous fit pourtant apercevoir quelque chose d’approchant.

Il était sept heures du matin quand la triplette suivie par nous se mit en marche.