—Le fils de...
—Oui, Robert, mon fils, articula M. de Kercoëth.
Gaston vint à lui, toute sa loyauté écrite sur le visage:
—Monsieur, il appartient à un cœur tel que le vôtre de trouver un prétexte à ses générosités. Je vous ferais injure en m'y dérobant. Je vous remercie.
—Et je vous remercie avec Gaston, ajouta Blanche.
Le marquis prit dans les siennes les deux mains de la jeune fille. L'aimer, elle, c'était encore aimer Robert. D'ailleurs, il la jugeait digne de porter ce nom de Kercoëth qu'il venait de donner publiquement à son fils. Leur attachement, né dans l'enfance, fortifié par la séparation, si pur et si vrai qu'aucun autre sentiment n'effleurait leurs âmes, lui inspirait un respect attendri.
—Vous, dit-il, vous le rendrez heureux. Vous tiendrez noblement votre place dans la longue série des marquises de Kercoëth, qui toutes ont été grandes et dont la dernière, ajouta-t-il avec un sanglot dans la voix, est une martyre.
—Dieu bénisse la marquise Yvonne! dirent ensemble les trois jeunes gens.
De plus en plus, le petit ventre rondelet tressautait, quoique, pour le coup, le petit ventre ne sût guère en quel honneur.
—Maintenant, je vous quitte, reprit Alain. Ne me gardez pas trop Robert. Il y a si peu de jours qu'il m'est rendu!