—Noyé, ma tante, noyé. Renotte crie partout à l'assassin, malgré la défense de... du marquis... enfin, du père de l'enfant. Mais les interdictions n'empêchent pas les légendes. La Bretagne en est peuplée. Seulement, celle-là est lugubre. Par contre, j'en sais de charmantes.
Débordée par le flux de ses paroles, un peu affolée par la situation, voulant arracher Robert à l'histoire maudite, elle débita les rêveries exquises où gronde l'âpre poésie de l'Océan. Robert n'écoutait pas. Il se représentait, là-bas, sur la terrasse du château, près du petit comte Hugues, le blanc tournoiement des mouettes.
Le lendemain, Edmond et Albin de Maubryan, avec leurs fusils et leurs chiens, vinrent le prendre. Ils chassèrent toute la matinée et rentrèrent à Saint-Gaël par la route de Kercoëth. L'itinéraire permit à Robert de quitter quelques minutes ses compagnons. Il frappa chez les Auvray. Guilmette ouvrit, et, tout de suite:
—Grand'mère va bien, monsieur, très bien.
—Et ce n'était pas la peine de vous déranger, dit Renotte.
—Pourquoi? je tenais à prendre de vos nouvelles...
—Et à me poser des questions. Guilmette m'a prévenue.
—Oui, l'adresse. Je ne sais pas.
—Vous ne savez pas? Voyons, à quel propos me traiter si brusquement? Je ne vous ai jamais fait de mal. Je vous en prie, dites-moi où demeure le marquis de Kercoëth.