—«Ah, quelle existence, quelle existence! des envies me prennent de tout lâcher.»
—«Que dites-vous, mon amie?»
—«Je serais plus heureuse à garder des dindons en Bretagne. Si mon père savait que je suis au théâtre!»
—«Vous voulez aller en Bretagne garder des dindons?»
—«Je n'aurais plus à me tourmenter; je retrouverais la famille de mon père; vous ne vous doutez pas quelle vie j'ai.»
Je vais vers elle; au près d'elle je m'assieds; je prends sa main.
—«Ma pauvre chérie, voulez-vous ne pas parler ainsi; en voilà des idées; vous savez bien que je vous aime pour de bon; pourquoi n'acceptez-vous pas que je vous emmène, que nous soyons ensemble; dites.»
—«Allons» tristement et gentiment elle me répond, «allons, êtes-vous fou?»
—«Et en quoi, mon amie?»
Dans ses yeux je la regarde; elle est appuyée aux coussins; les lumières des bougies éclairent nos visages; gentiment, tristement, elle est étendue, pâle; je la regarde; je tiens ses mains. Elle, souriante: