—«Vous êtes un enfant.»
Si doucement elle me dit cela «vous êtes un enfant»; d'une si apaisée voix elle me dit cela et d'une voix si vraie; elle a ses souriants yeux faits sérieux, tandis qu'elle me dit cela «vous êtes un enfant»; et d'un si profond cœur, si féminine et si profonde, elle me dit cela que je suis un enfant, et s'éloigne, et s'éloigne, belle et charmante.
—«Un peu attendez-moi, mon ami.»
À la porte elle est; je réponds «oui»; elle passe la porte.
—«Je mets mon chapeau et je reviens.»
La porte est laissée à demi entrouverte; je m'assieds; j'attends; je m'occupe à attendre, à l'attendre.
—«Je vais dire à Marie» elle parle «qu'elle aille nous chercher une voiture... Marie!»
—«Voulez-vous que j'y aille moi-même?»
—«Non; Marie ira.»
Dans la chambre elle parle à Marie; que lui dit-elle? je n'entends pas; et ici je ne fais rien; je n'ai rien à faire; demain je déjeune avec De Rivare, à onze heures; dans un café des boulevards sans doute; quand on s'est couché tard, c'est par fois assez difficile qu'être à onze heures ou dix heures et demie en un rendez-vous; le meilleur moyen de se lever tôt sûrement serait à ne pas coucher chez soi; ici, par exemple; car, en somme, pourquoi suis-je ici?...