La brise d’été agitait les feuilles de toutes parts.
— Vous avez votre destin, fleurs fertilisées, créatures chantantes. Mais pour qui parlerai-je ? pour qui mon cœur bat-il ? et pour qui existé-je, tandis que je rêve, au fond de ce vallon, inutile, et que je n’ai qu’à rêver, de vous, de moi, de tout ce que j’ignore, tandis que je meurs de rêver et ne puis dormir.
Les mouches, les moucherons bourdonnaient profondément ; un oiseau se posa, et, d’une voix éperdue, vocalisait ses coui-coui, coui-coui, à travers les feuillages drus.
— Coui-coui ! coui-coui ! chanta Marcelin, en cherchant des yeux l’oiseau.
L’oiseau, comme s’il se moquait, reprit plus fort.
— Coui-coui ! répliqua le garçon.
Les coui-coui alternaient, perçant l’air ; l’oiseau ne s’arrêtait plus ; Marcelin reprenait de plus belle.
— L’oiselet, il est chez lui, se dit-il ; moi, je suis parasite en son pays.
D’un bond il se releva. L’oiseau s’envola : et, s’enfuyant, il continuait à répandre les trilles, les gammes. Marcelin descendit à pas lents le cours du ravin.
— Être cela ! être une chose parmi les choses ! être le frère de cet oiseau, l’oiseau de cette oiselle, le papillon de ces papillonnes !