Le bonhomme resta rêveur, puis, tristement :

— La pauvre jeune dame !

Comme il se taisait, Marcelin leva les yeux.

— La pauvre jeune dame ! la pauvre jeune dame ! répéta le vieillard.

Marcelin n’eut pas la force d’insister ; le cœur poigné, il continua son chemin.


Il retourna dans la bibliothèque et reprit ses vagues lectures ; il était morose, les sourcils contractés, avec des yeux défiants, presque blême, l’air tour à tour fiévreux et harassé.

Le soir, à dîner, son père lui reprocha son assiduité d’études. Il ne répondit rien ; il levait sur son père des regards obliques ; des pensées malveillantes lui venaient. Il se demanda pourquoi celui-là se mêlait de sa vie, après l’avoir si longtemps négligée. Intérieurement, il lui reprochait sa taciturnité, ses absences, ses oublis de son fils ; et il considérait cet homme aux cheveux grisonnants, toujours silencieux, assis en face de lui, et se demandait s’il n’était pas la cause d’où il ne savait quel malheur mystérieux était issu. Sa pensée coulait, sous le calme du dîner finissant, vers de lointaines inquiétudes.

— Ne serait-ce pas, ne serait-ce pas lui ?…

Il n’osait achever…