Subitement il était devenu très pâle, sous la possession du désir forcené d’aller, de voir, de parler, d’interroger, de prier. Il s’approcha de la cheminée, enleva l’abat-jour de la lampe, baissa légèrement la mèche, et d’une main qui tremblait, il prit la lampe. Et, sans bruit, il descendait l’escalier, ouvrait, refermait les portes, traversait les salles… entrait.

Elle était là. Au-dessus du lit toujours clos, avec sa pâleur et son regard profond, la dame du pastel brillait d’une lueur de lune au ciel. Et tout sombrait, dans une terreur de religion, alentour d’elle et devant lui.

Lentement il posa la lourde lampe ; il prit une chaise, l’approcha de la table au-dessus de laquelle était fixé le pastel ; il s’assit. Ses deux coudes étaient appuyés au marbre de la table, son menton posé sur ses deux mains, et, la tête levée, il regardait.

La beauté de la vierge souriait presque ; immobile, il la considérait infiniment ; et il songeait douloureusement, mais avec une intime douceur.

Et il reprenait :

— O belle aux voiles candides et au cœur profond ! unique auxiliatrice ! n’est-ce pas pour moi, depuis de si longues années, que vous vous êtes renoncée !

La contemplant dans la lumière de la lampe, il adorait, comme au temps de ses exaltations religieuses, celle qui maintenant lui enseignait l’Amour…

Tout à coup, un bruit se fit dans la salle voisine ; la porte s’ouvrit.

Marcelin se leva et saisit la lampe.