Dans la porte un homme apparut, le père.
Marcelin resta muet de saisissement, immobile, les yeux fixes. Une minute s’écoula.
— Que fais-tu ? dit la voix.
Marcelin ne bougeait pas. De son immobilité de statue à l’immobilité de la dame dans le pastel, il n’y avait point de différence, si ce n’est que la lampe tremblait maintenant dans sa main levée.
— Que fais-tu ? répéta la voix.
Une angoisse poignait l’adolescent, de l’invasion subite, du secret découvert. Il tourna la tête vers la dame, puis ferma lentement les yeux. Le sourire de la bien-aimée semblait s’être figé dans une terreur hagarde…
Et il pensa que l’amante et l’amant étaient surpris, que le mystère était pénétré, la retraite envahie… Adieu ! il n’était pas permis que tous deux ils s’aimassent dans le silence ! Ils venaient de se retrouver en une nuit réparatrice, et voilà que leur nuit était close ; ils retourneraient à leurs isolements ; elle, elle séjournerait dans le délaissement de ce cadre sépultural ; lui, il irait ailleurs…
Menaçante, la voix s’écria une troisième fois :
— Enfin, que fais-tu ?
Marcelin vit que son père tournait les yeux vers le portrait…