— Mais si.

— Pariez-vous ?

— Je parie.

La jolie folle entamait des histoires, des discussions.

— Vous verrez que nous serons encore à table à cinq heures, affirmait-elle.

Il était presque six heures quand on se leva.

— A quelle heure le dîner ? demanda-t-elle pour rire.

On sortit prendre l’air, faire un tour ; on allait en groupes ; par convenance, Amélie et Marcelin se quittèrent. Deux ou trois personnes le leur reprochèrent. On suivit la petite rivière jusqu’à la Seine ; on n’avait pas le temps de monter au Château-Gaillard ; le soleil déclinait ; l’horizon flambait au couchant. Marcelin marchait en compagnie de Paul et de quelques jeunes gens, à vingt pas derrière Amélie ; il admirait sa jolie prestance ; quelquefois elle se tournait avec un gentil sourire ; Paul faisait des plaisanteries. A un détour du chemin, ils la perdirent ; ils continuèrent lentement, dans la tiédeur de la tombée du soir. C’était charmant. Vers huit heures, on rentra à l’usine. Des petites tables étaient servies dehors, dans la cour, pour la collation. Quelques dames, Amélie et sa mère, étaient à leur toilette. Il fallut collationner ; la nuit descendait ; on allumait. Sous la tente, les tables avaient été repoussées toutes d’un côté et formaient un long buffet ; la salle était disposée pour le bal : du dehors on la voyait s’illuminer.

Tout à coup les violons retentirent. La porte de la maison, au-dessus du perron, s’ouvrit, et les dames apparurent. Amélie était en rose, une jupe bouffante avec des dentelles, un corsage demi-décolleté et des fleurs dans les cheveux. Rapidement, elle descendit ; ses petits souliers de satin rose sautaient sur les marches. Elle vint prendre le bras de son garçon d’honneur.

— Vous êtes ravissante, exquise.