Il s’approcha sans répondre.
Paul, avec une grande volubilité, expliquait Rouen ; elle souriait, du même admirable sourire ! On remontait la rue Grand-Pont. Comme on s’était arrêté devant une boutique, Marcelin prit sur lui de parler.
— On ne me donne plus le bras aujourd’hui ? dit-il à voix basse.
Elle le regarda d’un air étonné, comme si elle ne comprenait pas.
— Aujourd’hui ? mais on n’est plus de noce aujourd’hui. Je ne puis refuser le bras à votre cousin. Tout à l’heure vous m’offrirez le vôtre.
Il dut convenir que c’était très bien. Paul commençait à narrer une ridicule histoire de Saint-Roch, à propos d’une statue près d’où l’on passait ; il faisait des calembours ; elle riait.
— Est-il drôle ! répétait-elle.
Marcelin se dit qu’il ne fallait pas chercher à lutter.
— Vous avez l’air tout chose, monsieur Marcelin, continua-t-elle. Vous êtes encore fatigué de lundi ?
On visita la cathédrale. Il fut question de monter dans la flèche ; les mamans se récrièrent ; Marcelin ne prit pas part à la discussion ; le projet fut délaissé. On se dirigea vers Saint-Maclou ; de là on traversa le quartier de Martinville, l’eau de Robec, les ruelles où les maisons se touchent par le faîte, et l’on admirait ce vieux Rouen si pur ; la verve du cousin s’était apaisée ; on marchait isolément ; on regardait. Saint-Ouen enchanta. On s’assit dans le square ; la musique militaire jouait des morceaux ; il y avait beaucoup de monde ; madame Desruyssarts et Paul saluaient à chaque instant ; deux ou trois sociétés s’arrêtèrent à échanger des civilités ; chaque fois, on présenta les Parisiens.