— Hioup ! allons-y.
Gustave offrit comiquement son bras à Paule. Marcelin fit un effort et s’avança en riant vers Julie :
— Alors, mademoiselle, vous acceptez le mien ?
— Volontiers, monsieur. Et j’espère bien que vous allez me faire la cour.
— Oh ! les enfants ! les enfants ! soupira par plaisanterie M. Rigout, un gros petit homme barbu, l’air réjoui.
Marcelin la lui aurait bien faite, la cour ; mais, en face d’une telle écervelée, comment prendre un personnage ? Elle n’était pourtant pas désagréable ; boulotte, point mal tournée, la figure colorée, très brune, des yeux de page de cour, les cheveux relevés au dernier chic, une jolie poitrine… Marcelin parla théâtre ; mais il se sentait fade.
On arriva dans une grande allée droite. Il y avait un jeu de tonneau…
— Mais nous allons avoir des mains horribles, fit Marcelin pour dire quelque chose.
— Oh ! là, là !… pauvre petit !… s’écrièrent les deux jeunes filles.
On joua. L’enjeu était de deux sous. Tout à coup on proposa de le mettre d’un louis ; ce fut accepté. A la grande indignation de sa femme et de sa fille, M. Rigout gagna ; il en fit force plaisanteries ; M. Delannoy perdait ; il se fâcha presque et réclama le retour à deux sous ; on reprit à deux sous. Les parties roulaient au milieu des farces et des cris. Gustave et sa sœur se battirent ; elle lui arracha les cheveux ! Paule eut sa robe déchirée.