— Il faut donner de vos jouets, de vos gâteaux aux petits pauvres.
— Puisque c’est à moi, mes jouets, mes gâteaux…
— Le bon Dieu veut qu’on donne de ce qui est à soi.
Marcelin se taisait et regardait le curé dans les yeux, cherchant à comprendre.
Le vieux prêtre expliquait :
— Les bêtes ne donnent point, ne se privent point ; mais les hommes ne font pas comme les bêtes ; ils connaissent le bon Dieu, que les bêtes ne connaissent pas.
Le plus jeune des fils du médecin devint un peu plus tard son camarade. Marcelin aimait le blond garçonnet aux cheveux soyeux, aux manières douces ; il pensait souvent à lui et recherchait sa société ; mais il était intimidé lorsqu’il le rencontrait. Chaque fois il lui apportait quelque chose, des livres, des images, de beaux cailloux. Après un quart d’heure de compagnie, son embarras cessait ; alors les deux enfants causaient, longuement.
— Henri, pourquoi tu n’as pas un château ?
— Mon père n’a pas le moyen.