— Si tu veux, quand nous serons grands, tu demeureras avec moi.
— Je voudrais bien.
— Quand nous serons soldats, nous serons tous deux hussards ; nous serons capitaines.
— Moi, je serai lieutenant.
— Qu’est-ce que tu feras après ?
— Je serai médecin comme papa.
Au mois d’octobre, Henri annonça qu’il allait au collège ; il entrait en huitième. Il partit. Marcelin fut très triste : il songea longtemps aux beaux cheveux, aux mines si douces du petit ami ; il aurait voulu aller aussi au collège, entrer dans la même classe, et il se mit à travailler plus assidûment ses leçons.
Vint, à onze ans, l’époque de la première communion ; une grande piété s’était développée chez Marcelin ; il attendait avec une croissante impatience les trois jours de la retraite préliminaire.
Le lundi matin, il fut conduit à l’église ; une dizaine d’enfants étaient là ; d’autres arrivèrent encore. On entendit la messe ; puis, ce fut le curé qui instruisait, parlait de Dieu, du péché, de la rédemption ; et l’on récitait des cantiques, dans un élan de ferveur et une joie de chanter à pleine voix. On pensa à la confession, aux fautes commises ; et la journée se terminait avec la bénédiction du vieux curé et par des hymnes dans l’église. Marcelin rentra au château, plein d’onction.