— Vous croyez ?

— Voulez-vous que je vous accompagne aujourd’hui ?

— Certes.

Charles était là. Ils sortirent tous les trois à six heures. Ce fut une soirée aristophanesque.

Crémone interpellait, au hasard, vieilles ou jeunes, laides ou jolies, les ouvrières qui passaient ; il leur disait des madrigaux ineptes ; elles souriaient ; lui, faisait signe à Marcelin :

— Faut-il pousser celle-là ?

Marcelin était confus de honte. Il arrêta les choses.

— C’est pourtant la méthode, dit Crémone. Il faut leur parler à toutes. Vous voyez ainsi celles qui vous plaisent, et avec celles-là vous continuez ; vous laissez filer les autres.

Marcelin invita ses amis à dîner. Ils entrèrent au café de la Paix. Marcelin déclara solennellement qu’il renonçait aux couturières ; le bourgogne donna de l’indulgence à Crémone. Le dîner coûta cinq louis, et on alla voir la revue des Nouveautés.

Pendant un entr’acte, ils remarquèrent au foyer une petite femme mince, en velours bleu sombre, avec un grand chapeau à plumes ; elle allait et venait, d’un air délibéré, point effrontée. Marcelin en fit l’éloge à ses compagnons, qui approuvèrent.