— Faut-il vous la céder ? reprit-il, un peu donjuanesque.
On s’arrêta une demi-heure dans un café ; puis, Blanche Leclerc et Marcelin montèrent en fiacre. Elle était enveloppée dans une fourrure ; la correction qu’il affectait de garder lui facilitait sa tenue ; ils arrivèrent place Delaborde et montèrent ; il renvoya rapidement son valet de chambre : ils étaient seuls.
C’était la première femme qui venait chez lui. Il lui prit sa pelisse ; elle se promenait dans la chambre ; elle passa dans le cabinet de travail, pénétra jusqu’au salon ; elle furetait.
— C’est gentil chez vous… Il y a encore des pièces ?… Oh ! c’est très bien… Combien avez-vous de loyer ?
Et puis :
— Moi, je demeure rue Saint-Georges ; j’étais auparavant tout près d’ici, rue de Vienne ; mais la propriétaire… et cetera, et cetera.
Marcelin était tombé sur une petite personne assez agréable ; elle montrait de la bonne grâce ; elle avait des façons amicales de parler. Un feu de bois pétillait dans la cheminée de la chambre ; elle se chauffait le bout des pieds en se dévêtant, avec des mines joliment effarouchées, des rires.
— Oui, mon loup ; oui, mon gros bébé…
D’un fauteuil, il assista à l’apparition du corset, des jupons, des dentelles, du frais pantalon bouffant au-dessus des bas ; il découvrait ces pimpants mystères des dessous féminins, les fins linges où transparaît la peau, les élégances des rubans coquettement posés, les sveltes et parfumés contours qu’indiquent les robes, tout ce dont il avait tant rêvé ! En de folles envies de baiser ces jarretières, les nœuds de ces épaules, il demeurait dans une rêverie immobile. Elle riait encore, jasait ; il n’y avait plus que le pantalon qui pinçait le cercle de sa taille sur les plis de la chemise entr’ouverte ; les bras levés, elle ajustait ses cheveux.
— Eh bien, mon chat ? interrogeait-elle avec une moue plaisante.