Le dimanche, madame Desruyssarts voulut persuader à tout le monde qu’il était décent d’aller à la messe. M. Desruyssarts et son fils Georges résistèrent ; Henri dut accompagner à l’office les deux dames et les deux jeunes gens.
Marcelin revit l’église, où depuis cinq ans il n’était plus entré, où, dans sa première jeunesse, si ardemment il avait rêvé.
La nef était pleine de monde ; le soleil brillait à travers les vitraux ; quand ils entrèrent, l’harmonium ronflait au-dessus du porche. Marcelin eut une émotion, et sa pensée courut à travers un vague de choses anciennes ; il trempa ses doigts dans l’eau du bénitier, à l’entrée de la chapelle de la Vierge, près de la porte.
Henri accepta de sa main l’eau bénite, et ils pénétrèrent dans la nef.
Ils regardaient, en marchant, au fond, le chœur qu’une grille de bois isolait de l’assistance ; et ils entrèrent dans le banc de la famille.
M. Desruyssarts prit un matin son ancien pupille à part et le sermonna sur la question d’argent.
Non seulement la respectable liasse de billets de mille qu’il avait trouvée il y a cinq ans dans le tiroir de son père avait disparu, mais il avait commencé à écorner son capital. Les rentes qu’il avait héritées ne pouvaient-elles suffire à sa vie de garçon ?
— Mais mon installation…
— Ton installation place Delaborde t’a coûté beaucoup trop cher ; mais s’il n’y avait eu que cela…