— Un médecin ! Tu dis vrai !
— Ça serait-il pour de bon que vous croyez dérailler ? gouailla le Pêcheur interloqué.
M. Lethois fit un effort pour se lever et retomba.
— Ah ! s’écria-t-il, où en découvrir ? Jamais je ne pourrai aller jusqu’à Revel !
— Si ce n’est que la course qui vous embête, interrompit le Pêcheur, croyant toujours à une plaisanterie, vous n’avez qu’à toquer au château. Paraît qu’y s’en trouve un, et un fameux !
— En es-tu sûr ?
— Aussi sûr que je parierais que c’est lui qui s’amène.
— Lui !
Cette fois, les forces décuplées par une frénésie de désir, M. Lethois était parvenu à se mettre debout. La tête virée, l’air égaré, il tourna les yeux vers le point de la côte de Saint-Julia qui seul était visible pour le Pêcheur. Celui-ci ne s’était pas trompé. Un homme, à cent mètres, descendait la route vers Montaigut. Bien qu’il parût comme tout l’horizon visible enveloppé de brouillard, à cause de cela peut-être, M. Lethois le reconnaissait sans hésiter. C’était le même qui, le soir du whist, avait demandé l’adresse de Mlle Peyrolles : même allure, mêmes vêtements !
Marc en effet rentrait. Parti de grand matin pour ne point rencontrer encore Mlle Peyrolles, il revenait, réconforté par la marche au grand air, le cœur résolu et déchiré, ayant désormais autant de hâte à libérer sa conscience qu’il avait mis auparavant d’ardeur à reculer l’échéance.