— Marié ?
— Non… peut-être bien… Et puis je m’en f… s’il n’y avait que le mariage pour vous aider dans la débine !
— Ainsi tu crois que, même en cas de nécessité, un homme aurait tort de quitter ?
— Si c’est la nécessité, rien à dire, naturellement. Une supposition : qu’on vous chasse de la cure, faudrait bien décaniller !
— C’est précisément ce que je demandais.
— Seulement, nécessité ou pas, partir serait toujours une bêtise.
A son tour M. Taffin haussa les épaules.
— Enfin ! reprit Dominique, les voilà qui s’amènent !
Du côté de Roumens, des vaches accouplées avaient paru. La tête basse, le mufle protégé par un réseau en cordes, elles avançaient d’un pas rythmé. Petiton marchait devant elles, sans s’occuper d’être suivi. De temps à autre seulement, il levait l’aiguillon, puis le laissait retomber sur le joug. Au bruit sec de ce choc, les bêtes se pressaient d’un imperceptible élan et leur marche reprenait, très lente, grave comme dans une procession.
A cette vue, M. Taffin eut un rictus amer. Quelle distance entre ses pauvres scrupules et l’auguste sérénité de ce paysan ! N’était-ce pas le vrai prêtre, celui-là, par qui viennent à chaque été les dons merveilleux de la terre et le froment pour calmer la vraie faim ?