— Tu veux partir !
La voix de Mlle Peyrolles subitement venait de changer.
— Et moi ?
— Oh ! vous !… répéta Marc.
— Tu délires ! Il n’est pas possible qu’après être venu, tu veuilles me quitter ? Tu ne commettrais pas ce crime !
— Si je restais, j’en commettrais un autre.
— Marc ! mon enfant ! voyons ! tu ne crois pas à cette absurdité ? Il doit y avoir un moyen, je ne sais quoi pour sortir de cette alternative… Et d’abord, c’est bien vrai que le passé nous jugeait tout à l’heure. Je songe à ton enfance que je n’ai pas surveillée, à ta jeunesse durant laquelle personne n’est resté près de toi pour t’enseigner le respect du bon Dieu. Oui, c’est ma faute si nous en sommes là. Tu vois, je m’accuse la première, je reconnais que tes duretés sont méritées, je te les pardonne… Seulement…
Elle se tordit les mains :
— Seulement, comment veux-tu que j’accepte contre Dieu même ce mariage sans prêtre ? Je me damnerais si je prêtais jamais les mains à un tel sacrilège ! C’est en vain que tu protestes : faire consacrer par les lois un pareil attachement, ne sert qu’à le rendre plus criminel ; cela outrage les mœurs, la religion, cette morale même qui est la règle du premier venu, si humble soit-il !… Encore s’il s’agissait d’une aumône !… On rencontre une malheureuse, on la secourt… c’est bien ! Mais sanctionner le passé de cette fille ! au moment où je t’ouvre ma maison, vouloir que cette fille t’accompagne et dans ces conditions !…
— Vous voyez bien ! dit Marc avec un geste découragé.