L’ensemble était à la fois grotesque et effrayant, mystérieux et sale. Cela ressemblait à l’antre d’un potier fou ou d’un maniaque en mal de sorcellerie. L’air qu’on respirait dans ce galetas était lourd de miasmes inquiétants. La puanteur de pharmacie qui avait envahi le rez-de-chaussée venait d’ici. Les lucarnes étaient closes ; la chaleur régnait, torride.
La main tendue en avant du bougeoir, tâtant du pied le sol pour éviter la poutre, M. Lethois avança jusqu’à une table. Ses yeux riaient. Il ne semblait pas s’apercevoir de la température ni de l’odeur.
Ayant déposé le bougeoir, il jeta encore un coup d’œil circulaire sur l’ensemble pour s’assurer que tout était en ordre et, très grave, se pencha.
Qui l’aurait ensuite surpris là, l’aurait-il reconnu ? Est-ce bien le même Lethois qui d’une main légère a retiré la vitre posée sur une des galettes ? Quelle curiosité passionnée fait trembler ses lèvres minces ? Quelle fièvre sur ses traits ! Il compte :
— Un… deux… trois… quatre…
A mesure que le nombre grossit, on dirait qu’il voit moins bien ou que l’opération est plus ardue. Peu à peu, son front s’abaisse, arrive presque à toucher la galette noire ; toujours les chiffres se succèdent, réguliers :
— Vingt-sept, vingt-huit…
Tout à coup c’est fini. M. Lethois s’est redressé ; il a pris dans sa poche un carnet maculé ; d’une écriture légèrement tremblée, il y trace le tableau suivant :
Fourmilière | Verre blanc | Verre violet |
En regard, dans chaque colonne, il inscrit : | ||
No 7 | 0 | 39 |
Et vite, il reprend le bougeoir, passe à la table voisine. L’heure presse : il n’a que le temps, s’il veut achever dans les délais fixés…