Un intervalle suivit : il semblait que la pensée de M. Lethois fût devenue incertaine. Ce fut très court.

— Après, garde-les… c’est pour toi.

Interloqué, le Pêcheur attendit une nouvelle explication. Il ne saisissait aucun rapport entre lui-même et ces cahiers.

— Pour toi !… si tu veux… répéta M. Lethois.

Sa voix s’éteignit presque.

— … Ma fortune !…

— Bigre !

Le Pêcheur avait chancelé.

Malgré lui, sa main serra les carnets comme une proie. L’idée qu’entre leurs feuillets gras dormaient les économies de M. Lethois venait de l’éblouir. Pourquoi Lethois les lui donnait, il ne se le demandait pas. Que Lethois aussi pût délirer, peu importait ! Cette révélation suffisait : de l’or, tout l’or de la maison, était dans ces chiffons et il le tenait au bout des doigts.

Il eut un ricanement d’extase :