Était-ce bien sûr, pourtant ? car Lethois et pas un autre, n’est-ce pas ? avait crié : « Prends ! » En ce moment même, il semblait désappointé par ce dénouement imprévu. Alors, pourquoi fermer la bouche devant le gâteau qui s’offre ?
Mais si Lethois délirait ?
Objection bête : on ne sait jamais quand un homme est fou. Bon pour le médicastre de juger si on doit mettre les gens au cabanon. Le Pêcheur, lui, n’avait pas à s’occuper de pareilles distinctions.
Donc, suivre le premier instinct qui était le vrai ? accepter sans faire d’histoires ?… Eh bien, non : il ne pouvait. Quelque chose le clouait sur sa chaise, peut-être de la honte, à coup sûr la certitude qu’elle le chasserait, si elle savait.
Aigus, les yeux de Lethois n’avaient point quitté le Pêcheur. On aurait cru que, prodigieusement lucides, ils ne perdaient aucune de ses pensées.
De nouveau la voix grêle siffla :
— Imbécile !
Le Pêcheur frappa sa cuisse d’un coup de poing :
— Tonnerre ! vous n’allez pas recommencer !
— Puisque je te l’offre…