Soit. Mais pour aller boulevard de la Barque, il faudra traverser la ville. Il y a danger de rencontrer la rousse.

Pour la seconde fois, le Pêcheur eut le geste du joueur qui risque sa dernière mise :

— La rousse ! Ah ! s’il fallait s’inquiéter pour si peu !

Il repartit. Il allait au plus court. Ses souliers ferrés sonnaient sur le pavé. Un pressentiment lui soufflait que Thérèse n’avait pas dû quitter Revel. Qui sait même si ce ne serait pas elle qui viendrait ouvrir, quand il frapperait chez Servin ? Déjà son calcul se vérifiait. Personne sous les couverts ; un désert partout ; la rousse était au gîte. Aussi, arrivé sans encombre à la maison cherchée, souleva-t-il joyeusement le marteau. Il attendit ensuite… Point de réponse. Alors, pris d’impatience devant ce battant de chêne qui s’obstinait à rester clos, le Pêcheur saisit le loquet. Volontiers il aurait déraciné la serrure. Mais quoi ? la porte cédait ? C’était donc qu’on n’entendait rien là-haut, ou bien Servin aurait-il décanillé avec tant de hâte qu’il en oublia de fermer ?

Enhardi, le Pêcheur atteignit le premier étage. Il achevait de gravir les marches quand une phrase arrêta son élan :

— Pour Dieu ! faites moins de bruit !

En même temps, un homme avait avancé rapidement, le dévisageait.

— Mince de potin ! C’est-y une heure où les gens dorment ? bougonna le Pêcheur.

Puis reconnaissant Marc :

— Ah ! Monsieur ! vous allez me dire…