Elle se tordit les mains.

— Hélas ! dit encore M. Taffin.

Il ne cherchait pas à comprendre : il devinait que cette femme souffrait autant que lui, et il la plaignait comme il se plaignait lui-même.

Un silence suivit. Par un phénomène inattendu, tous deux avaient oublié le mort qui reposait, solitaire, dans la pièce voisine. La vie qui est toujours la plus forte s’occupe avant tout d’elle-même.

— Vous ne dites rien ? reprit Thérèse. Je le sais, ce n’est ni le lieu, ni le moment… Cependant, j’ai tant besoin d’être rassurée, conseillée !…

— Comment le pourrai-je ! interrompit M. Taffin.

Accablé par l’impuissance qu’il sentait en lui, il se laissa tomber sur un fauteuil.

Thérèse, se pressant près de lui, poursuivit suppliante :

— De grâce ! parlez-moi, éclairez-moi ! Songez que depuis hier, — oui, depuis la catastrophe, — je vis dans un cauchemar ! Je me demande si ce qui arrive est réel. Je ne vois plus où est le bien, où est le mal : et tout se confond dans un commun dégoût de moi-même !…

M. Taffin, la tête enfouie dans les mains, eut un haussement d’épaules douloureux :