Une émotion poignante les bouleversa.

— Ah ! mon ami, que je suis heureux !

L’abbé Taffin ouvrit les bras. Oubliée leur terrible dispute, fini le cauchemar de cette nuit, où chacun avait révélé ses intimes secrets ; en eux comme au dehors, c’était un réveil ineffable.

En se détachant de l’étreinte de son ami, M. Lethois fut surpris de retrouver l’abbé Taffin pareil à autrefois ; de même l’abbé Taffin reconnut à peine M. Lethois. Tous deux avaient déjà repris le masque journalier. Ce fut avec une voix autre que M. Lethois murmura ensuite :

— A propos, puisque ce mauvais rêve est oublié, vous oublierez aussi, n’est-ce pas, ce que j’ai pu vous dire ?

Semblablement, l’abbé Taffin retrouva son accent jovial et son sourire d’homme heureux pour répliquer :

— Soyez tranquille, je garderai vos confidences, puisque vous ignorez les miennes !

Il ajouta :

— Maintenant, vous devriez vous reposer. Il est trop tard pour se coucher, mais en restant sur ce fauteuil, peut-être arriverez-vous à dormir.

— Volontiers.