Une seconde, les regards de ces trois êtres se rencontrent, s’interrogent. On dirait qu’ils devinent. Là où d’autres n’apercevraient que des habitants en train d’échanger un salut, durant l’espace d’un éclair, ils ont vu trois étrangers isolés dans leurs secrets.

Déjà Mlle Peyrolles a détourné les yeux ; la voiture disparaît.

M. Lethois reprend :

— Il faut que cette plaisanterie finisse !

M. Taffin soupire :

— Dominique, décidez-vous !

Et la vie reprend son cours, cette vie plate, uniforme, grise, qui s’étale comme une mer sur les courants profonds : masque impassible, comique, qui donne à l’humanité sa figure, mais derrière lequel les cœurs battent et la tragédie gronde…

LIVRE II
LES ARRIVANTS

I

Jude Servin entra en coup de vent :