— Quand croyez-vous utile de réunir les mères chrétiennes ? demanda-t-il à madame Traversot.

Et bien que son sourire restât pareil, on l’aurait cru vraiment suspendu à la réponse qui allait venir.

— Si vous voulez bien me suivre, dit M. Traversot, les miniatures sont dans le petit salon.

Il entraîna René, laissant l’abbé et madame Traversot devenir soudain deux points perdus dans l’immense pièce solennelle. Pour s’entretenir des mères chrétiennes, même Notre-Dame eût offert un asile moins propice. La cheminée, torchères allumées, flambait comme un autel. Aucun gêneur ne risquait de troubler le recueillement. Madame Traversot prit un air réfléchi ; sans doute cherchait-elle la date souhaitée, choix délicat, « car tant de personnes s’absentent en ce moment », quand, penché vivement, l’abbé reprit :

— Puisque nous sommes seuls, vite ! votre opinion ?…

Madame Traversot, qui était debout, lança un coup d’œil rapide vers le petit salon où les deux hommes stationnaient devant une vitrine, puis revenue à son attitude primitive :

— Je crois que le troisième dimanche de carême serait le meilleur, répondit-elle d’un ton convaincu.

Le front lisse de l’abbé perdit son poli marmoréen. Il ne s’était donc pas trompé ! Les difficultés viendraient de ce côté : elles commençaient…

Au même instant, une voix jeune dit près de lui :

— Un peu de café, monsieur l’abbé ?