René dit rapidement :
— Rassurez-vous : je ne désire que voir mon frère. Je suppose que, s’il est à Paris comme d’habitude, il ne rentrera pas plus tard que dix heures. Dans ce cas, j’attendrai, voilà tout.
— Quoi, monsieur ne sait pas ? Madame est en voyage, et monsieur l’abbé allait se mettre à table.
— Alors je vais le rejoindre.
Et René gagna le cabinet de l’abbé. Il avait escompté un répit avant l’explication qu’il venait chercher. Ce répit lui était refusé : tant pis. Il acceptait tout avec une égale indifférence : depuis son départ, il était moins une volonté qu’un rouage.
Au bruit de sa porte qu’on ouvrait, l’abbé, qui lisait devant une table, tourna la tête. L’abat-jour de la lampe mettait en lumière le livre, mais laissant le reste de la pièce dans l’obscurité, empêchait de distinguer les arrivants.
— Qu’est-ce ?
— C’est moi.
En reconnaissant la voix de René, l’abbé, pas plus que sa servante auparavant, ne put maîtriser sa surprise.
— Quoi ! pendant que notre mère est en route pour te rejoindre à Semur, tu es ici ?