Il faut ici me recueillir. Parviendrai-je, aussi bien que Duclos, à évoquer la scène qui terminera mon récit, et à laquelle je dois d’avoir pu, sans l’ombre d’une hésitation, identifier nos deux histoires ? Essayons cependant…

Je rentrai donc. Aussitôt, la domestique, qui me guettait, vint à moi.

— Il y a au salon une dame pour monsieur et qui attend depuis une heure. J’ai eu beau répéter que monsieur peut-être ne reviendrait pas, elle s’est contentée de répondre : « Je resterai le temps qu’il faut, pourvu que je le voie. »

— La connaissez-vous ?

— Non.

Assez intrigué, bien que mal disposé aux aventures un pareil jour, je dis :

— Soit : débarrassons-nous-en.

Et sans plus tarder, je me rendis dans la pièce où se trouvait l’inconnue. A ma vue, elle se leva. Vêtue de noir et le visage caché par une voilette épaisse, on ne pouvait lui donner d’âge. Toutefois, malgré la simplicité de la mise, il apparaissait au premier coup d’œil que j’avais affaire à une femme de bonne compagnie, et d’une distinction de manières peu commune.

— M. Tinant ? demanda-t-elle.

Puis, sur mon signe affirmatif :